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La femme drépanocytaire et la grossesse

C’est beau l’amour, c’est encore plus beau de voir venir au monde le fruit tant attendu de cet amour. Mais la Drépanocytose nécessite quelques conseils et préventions pour connaître ces doux moments de la vie qu’est la grossesse et la naissance de son futur bébé.

Du fait de l’amélioration de l’espérance et de la qualité de vie des patients drépanocytaires, la grossesse chez la femme drépanocytaire est possible. Quant à la fertilité de la femme enceinte, elle n’a jamais été dépendante de ces gênes drépanocytes et puis quoi encore… Mais toutefois sa grossesse demeure une situation très risquée, tant pour la mère que pour l’enfant, et ce quel que soit le type d’hémoglobine S, C, βThal…

Chez la femme drépanocytaire enceinte, il faut donc s’attendre à une surveillance plus qu’accrue car les complications peuvent survenir à tous les stades de la grossesse. Ces risques sont plus marqués au cours de la seconde moitié de la grossesse, lors de l’accouchement et du post-partum.

 La grossesse aggrave la maladie drépanocytaire :
En effet, les complications les plus fréquentes sont l’augmentation de l’anémie, la survenue des complications vaso-occlusives (crises douloureuses, complications pulmonaires, etc…), l’hématurie -sang dans les urines-, les infections urinaires.

 La maladie drépanocytaire aggrave la grossesse :
Les complications retrouvées sont les fausses couches (précoces ou tardives), le retard de croissance in utero, la mort fœtale in utero et la prématurité.


AVANT LA CONCEPTION
Il est prudent de « programmer » la grossesse, de manière à faire avant, un bilan approfondi, et se donner le temps de traiter les complications éventuellement dépistées.
L’analyse de l’hémoglobine du conjoint, si elle n’a pas encore été effectuée, permettra de déterminer s’il y a un risque de drépanocytose chez le futur bébé, pour proposer un diagnostic prénatal.
La femme drépanocytaire aura un enfant en bonne santé, si le père est AA.

Le dépistage (gratuit) peut se faire au CIDD Centre de d’Information et de Dépistage de la Drépanocytose, si vous résidez en Ile-de-France. Il en existe également un à Pointe-à-Pitre. Sinon se prescrire une ordonnance chez le médecin pour une analyse en laboratoire ou à l’hôpital.

PENDANT LA GROSSESSE
Au deuxième et surtout au troisième trimestre, la surveillance est vigilante.
Une prise en charge spécifique est fortement recommandée par une équipe spécialisée et multidipliscinaire, en étroite collaboration avec le médecin spécialisé dans la Drépanocytose qui suit déjà la femme drépanocytaire.
Tous les mois une consultation est nécessaire pour surveiller le poids, la tension artérielle, l’anémie (essoufflement), l’existence de crises même brèves. Il faut rechercher systématiquement une infection urinaire, faire des analyses sanguines habituelles. Mettre à jour le dossier transfusionnel…
Le plus souvent, un programme transfusionnel à partir de la 2eme période de grossesse soit le 4e mois est mis en place car le taux d’hémoglobine baisse au cours de la grossesse et accentue l’anémie, donc on met tout en oeuvre pour pallier les risques.

L’ACCOUCHEMENT
C’est un moment à haut risque avec des situations favorisant les crises vaso-occlusives qui nécessite une étroite collaboration entre obstétriciens, spécialistes de la drépanocytose, anésthésistes-réanimateurs, pédiatres.
Avant l’accouchement, 5 à 10 séances de kinésithérapie sont conseillés pour apprendre à respirer correctement et pour résister à la douleur.
Dans 50% des cas, une césarienne est nécessaire.

APRES L’ACCOUCHEMENT
La surveillance continue par la prévention des infections et celle des thromboses.


En général, il est conseillé 2 à 3 grossesses pour une femme drépanocytaire, même si on ne peut décider à la place du couple.


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